(un extrait-brouillon-avant-gout d'une nouvelle à venir, mettant en scene un vieux fou vivant seul avec des femmes mécaniques )
Je suis seul, Seigneur mélancolique et lassif, vautré dans le velours, l'oeil morne suivant les voluptes d'opium.
Seul, dans le vacarme des rouages, ses cliquetis et ses grincements.
Mes Beautées s'affairent, dans un ballet macabre de pantins disloqués.
L'une d'elle glisse vers moi, le plateau d'argent chargé de seringues, leur contenu bleu vif oscillant au rythme de sa demarche saccadée.
Meredith est ma plus belle creation.
Ses longues jambes blanches et froides, son visage de porcelaine, illuminé par deux orbes de verre, serties de saphir en guise de pupilles, ses lèvres roses et fines, ses mains si agiles, si fines, aux doigts parfaitement articulés, travail d'orfèvre et miracle de mécanique.
Cocktails de morphine, mescaline, acide, amphetamine, epinéphrine et autres neuronicides, chaque soir elle m'administre deux injections des philtres dont elle a le secret.
Elle éponge mes rejets acidulés et mousseux d'extasy, vérifie ma tension cardiaque.
Parfaitement programmé, mon ange mécanique ne m'offrira malheureusement jamais l'overdose salvatrice.