La poitrine de la serveuse, vos regards baveux, mon haussement de sourcil de mec casé, le bracelet fluo entre les dents...
Vidange et direction le parc.
Notre After tapissé de gazon, sans videurs ni frimeurs, sans toit ni cloisons.
Trompés par le fond du verre
Trempés par l'arrosage automatique
Compagnons de beuveries, compagnons de conneries, les petits centres chauds et glacés de mes soirées.
Une vanne ou deux, une soufflette, ta mère, ahahah, et la tienne, ahahah...
Les paumes des mains s'illuminent quelques instants,
vos visages aussi.
Plus un bruit.
La messe.
Les yeux rivés vers notre salut, un salut avec filtre carton.
Seigneur délivre-moi de ma rancoeur.
Seigneur délivre-moi de ma colère.
Seigneur délivre-moi de mes regrets
Seigneur délivre moi de ma mélancolie.
Délivre-moi de ses sales gueules compatissantes.
Après tout ce que des générations de paumés ont fait pour toi, tu pourrais au moins prendre la peine d'exister.
Enfin bref...
Amen.
La fumée fait ses volutes habituelles.
Fantômes opaques et leur danse macabre.
Salauds.
Ca y est je m'enfonce dans le sol, je fume mes dernières pensées de petit dégouté de la vie.
Le cul dans l'herbe et le regard vers les étoiles.
Lueurs au fond de milliers d'yeux complices.
Salopes.
Il est 3h47 du matin et je vous emmerde.
Je vous hais gentiment, je vous méprise de tout mon amour.
Lèvres roses et jolie mèche blonde.
Finalement je vous aime gentiment.
Il est 6h47 du matin, vous êtes réveillé par l'arrosage automatique d'un parc humide, le gout de la terre dans la bouche, des relents de Gin dans la gorge, des pop-corns entre les cheveux et la sensation d'être venu au monde.
Enfin.
Ensuite vous mourrez.
A petit feu.
Sur toute la longueur de la semaine.
"T'as fais quoi samedi?"
Il n'est plus 6h47 du matin et je vous pardonne.
Jusqu'à samedi prochain.

